La piste aux étoiles ne brillera pas de mille feux ce soir.
Monsieur Loyal est triste, le clown, les jongleurs, le magicien, les trapézistes n'auront pas le bonheur de transporter le public dans ce petit monde de paillettes de talent.
N'étant pas fan de télévision, je ne voulais pas terminer mon week-end sur la très onéreuse soirée de clôture des jeux olympiques.
Dès le matin, une voiture équipée d'une sonorisation informait la population du village, que deux représentations de cirque avaient lieu sur la petite place.
Idée géniale, cela faisait si longtemps que je n'avais pas été sous un chapiteau. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas vibré en direct lorsque les voltigeurs s'élançaient dans les airs sans filet de protection. Cela faisait aussi si longtemps que je n'avais pas assisté à un tour de magie ; lorsque l'artiste sort un petit lapin de son chapeau.
Bonheur puéril, mais bonheur assuré.
Hélas, lorsque je me suis présenté à la caisse pour prendre mon ticket d'entrée, la guichetière m'a annoncé avec grand regret que la représentation n'aurait pas lieu. Nous n'étions que sept pour la représentation du soir. Celle de l'après-midi avait été annulée.
Déçu, j'ai croisé Monsieur Loyal : désespéré. Cela faisait trois jours qu'il ne pouvait jouer par manque de public suffisant pour payer les charges et le cachet des artistes : " A la télé, on parle des plans sociaux de grandes boîtes, Doux, PSA, mais personne ne s'intéresse à nos petites entreprises familiales qui aujourd'hui subissent la crise de plein fouet. Nous sommes des milliers dans ce cas-là, tout le monde nous ignore et pourtant si l'on faisait le compte, nous sommes aussi nombreux que ceux qui en bavent aussi dans les grandes boîtes. Depuis trois jours nous travaillons pour rien, quatre heures de montage du chapiteau, une heure de démontage. Est-ce que l'on pourra tenir longtemps comme cela, sans gagner un kopeck ?
Chroniques d'une mort annoncée du petit cirque familial. Bonjour tristesse. Adieu mes rêves d'enfants.
Nicolas a dit :
Ouais. Triste.
El Camino a dit :
Les cirques, c’est comme avec les multinationales, les petits crèvent à cause des gros.
Apolline a dit :
Il me semble que la « crise » du cirque ne date pas d’aujourd’hui : les jeux de cirque datent du temps des romains … ils ont constamment évolué depuis cette époque et pendant tout le moyen âge et la renaissance. Au XIXème siècle,on a commencé à évoluer vers le très grand spectacle avec animaux exotiques et pas seulement les ours et peut-être que ça a commencé là à mettre en danger les petits cirques … il faut faire une pub que les cirques familiaux n’ont pas les moyens de faire pour déplacer les gens habitués aux très grands spectacles par la TV, cirque de Moscou, de Pékin …etc.Même Zavatta a fait faillite : cet évènement n’a pas dû arranger son état de santé (hypertension, il était dyalisé et s’est suicidé). Il faut dire aussi que c’est cher le cirque, pour les gens … Les communes pourraient peut-être aider au financement du prix du billet … Je suppose que Zingaro à Versailles, reçoit beaucoup de financements publics … Et c’est mérité, c’est magique. Tout ça, ça mourra si on n’en vient pas à le réorganiser
Près du stade de France, il y a l’Ecole Fratellini. Le meeting de campagne sur la culture de François Hollande a eu lieu au Cirque d’Hiver …. pour moi, c’était un symbole.
Bon,pardon,j’ai encore fait long, c’est de ta faute, c’est un magnifique sujet en même temps, tu as raison, qu’un sujet d’inquiétude.
Sylvie a dit :
C’est triste