Dans son billet du Comptoir, Nicolas constate qu'à Bicêtre Il n'y a personnes dans les rues. Une sorte de nouvelle routine s'installe. C'est à la fois étrange et habituel. Il termine par : La crise est réelle.
S'il n'y avait qu'à cet endroit qu'il n'y a personne dans les rues ma pauvre madame Dupont, (sic).
Hier, j'avais prévu de déjeuner avec un copain. Dans le village, il n'y a qu'un seul hôtel restaurant, Le taulier fait ce qu'il peut pour servir un repas correct à un prix abordable. Je suis arrivé le premier à la réception et le patron m'a accueilli avec une bien triste mine :
- On ne sert plus le midi Yann. La crise. Hier on a fait trois couverts, la veille pas mieux. Cela me coûte plus cher d'ouvrir que de fermer. Je ne sais même pas si je vais continuer à assurer le service du soir. C'est bien la première fois que je vois un restaurant ne pas servir de repas, en pleine saison en Bretagne.
Par ailleurs dans le domaine de l'hôtellerie de plein-air, les campings du Grand Ouest sont en perte de vitesse. La faute à la météo me direz-vous. Même pas, puisque dans ce département situé sous la Loire-Atlantique, le temps d'ensoleillement a été supérieur à la moyenne bretonne. Une grande majorité de campings a un taux de remplissage de moins 40% par rapport à l'an dernier. La faute à qui ? A la crise qui ronge la zone euro. Les étrangers : Espagnols, Italiens, Belges, Hollandais, qui venaient très nombreux en France, ne sont plus là cette année.
Pire aussi, puisqu'un restaurateur d'un de ces campings se demande s'il va réussir à vendre le contenu d'une bouteille de Ricard lors de sa saison. Les gens ne prennent plus l'apéro au bistro.
Enfin, alors que l'on parle abondamment des problèmes de restructuration de grands groupes français (PSA, Sanofi, Doux, etc), j'ai amèrement vérifié cette semaine dans les quotidiens locaux, le nombre exponentiel de petites entreprises touchées par des liquidations judiciaires. De celles-là, on en parle moins, mais elles représentent aussi un nombre important de salariés qui, cet été vont être privés d'emplois.
Il a largement de quoi avoir le moral en berne. Fort heureusement, Panem et circenses ( pain et jeux du cirque), l'espoir de voir Usain Bolt courir le 100 mètres en 9 secondes 40/100e est grand.
Mais après ?