Le Tribunal de commerce de Paris a décidé hier en fin de journée, la liquidation judiciaire de France-Soir.
Je dois avouer que cette nouvelle m'a renvoyé à quelques clichés d'adolescence, lorsque le petit provincial montait à Paris.
Il me revient dans les oreilles, la voix de ces petits crieurs de rue qui interpellaient les passants : De Gaulle est mort, France-Soir, demandez France-Soir. Evidemment, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans…
France-Soir en main, je lisais les toutes dernières nouvelles, que l'on appelaient pas encore des scoops. L'encre à peine sèche noircissait les doigts, mais peu importe, il y avait cette odeur de papier à peine sorti des presses. Une époque.
Peu importe aujourd'hui, les erreurs éditoriales ou de gestion du journal. Avec cette disparition, c'est une grande page de la presse qui se tourne. Ce matin, j'ai une pensée pour tous ces journalistes, rédacteurs, ouvriers du livre qui se sont battus pour que leur journal existe et qui, ce matin doivent avoir le sentiment d'être orphelin de quelque chose. Une sorte d'amputation.
Un journal qui se meurt n'est jamais bon signe me diraient quelques vieux. Ils n'auraient peut-être pas totalement tort.
Dans son dernier éditorial sur la version électronique, la rédaction termine par : L'information ne meurt heureusement pas avec France-Soir. Pour ce titre historique, la nuit tombe, mais dehors le soleil luit.
Coupez les rotatives, coupez.
Apolline a dit :
Bien que ses difficultés soient très anciennes (la grande grève et le premier plan social dans les années 80), on peut quand même faire remonter à 2006 l’agonie de France Soir quand le titre a eu le courage d’oser publier les « caricatures de Mahomet ».
Quant aux « vélos » (= les rotatives, dans l’argot des ouvriers du labeur),ils ne s’arrêtent pas vraiment, puisque France Soir-papier n’existait pratiquement plus : sauf erreur de ma part, seule la version numérique vivotait. Ajoutons que la plupart des grands titres ne s’impriment plus eux-mêmes : le groupe RICCOBONO leur rachète leurs imprimeries (la dernière, spectaculaire est celle du Figaro).C’est un groupe français, dynamique, dont le principal concurrent est le Groupe H2D issu du rachat de toutes les « usines » Jean Didier-Québecor.
Amicalement et bonne journée
Didier Goux a dit :
Moi j’m'en fous, j’oubliais tout l’temps de le demander, leur feuille de chou.
Et, quitte à faire de la peine à mes chers confrères, je trouve qu’un journal qui disparaît, c’est souvent une assez bonne nouvelle, en fait.
Yann Savidan a dit :
Ah ! Vous m’expliquerez cela plus tard.
Le Parisien Libéral a dit :
comment se fait-il qu’ils n’aient su trouver une ligne éditoriale digne de ce nom ? mystère …
hebergement maroc a dit :
super … j’ai trop aime l’article.
hebergement maroc a dit :
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