Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, a adressé hier un courrier à Nicolas Sarkozy en lui demandant de convoquer le Parlement en congrès afin d'informer les Français et débattre de la crise.
J'hésite sur la manière d'accueillir cette inititative.
En première hypothèse, je me demande si ce n'est pas le coup de la fusée à deux étages.
Je m'explique : En demandant à Borloo d'être l'auteur de cette idée, Nicolas Sarkozy, maintient à vue la frange électorale du Parti radical tout en lui donnant la paternité de ce débat national. Dans les coulisses ça donnerait Jean-Louis, tu lances le sujet, moi je le récupère et l'on met la gauche dans le vent sur la problématique de la dette et en 2012, je te donne Bercy. Sarkozy est assez malicieux pour formenter ce coup-là sous le manteau. En soutien à cette hypothèse, il faut retenir que Jean-Louis Borloo a informé au préalable Fillon, et les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Accoyer et Larcher. Ces trois personnalités n'ont pas trouvé cela déraisonnable d'après le président du Parti radical.
Deuxième hypothèse nettement moins probante : Borloo souhaite s'approprier ce grand sujet d'actualité et griller la légitimité de Sarkozy sur ce sujet : Je considère que nous sommes face à un risque de crise qui est supérieur à la crise de 2008: en 2008, c'étaient les ménages, les banques qui ont été sauvés par les Etats souverains. Aujourd'hui, c'est le dernier étage: les Etats souverains qui sont dans une situation extrêmement difficile. En employant le JE, il dégage toute initiative et toute prise de conscience du chef de l'Etat qui pendant ce temps est à faire bronzette au Cap Nègre.
Je ne sais encore si cette idée participative est bonne ou mauvaise, l'avenir nous le dira ou pas. Il est toutefois bien dommage qu'elle provienne d'un des anciens lieutenants de l'actuel chef de l'Etat. Elle aurait eu un tout autre panache populaire si elle avait été le fruit d'une réflexion socialiste. Hélas, nos leaders glandouillent sur les festivals ou sur les routes du Tour de France. Ce ne sont pas les mesurettes de supermarché publiées par François Hollande dans le dernier JDD qui seront efficaces pour endiguer la crise actuelle de l'euro.
Il est grand temps que la gauche mette les mains dans le cambouis.
Gildan a dit :
Billet limpide.
Je sens bien plutôt le premier étage de la fusée !
Nicolas a dit :
Au boulot, bordel ? Ah merde…
Romain / Variae a dit :
Moi aussi, première hypothèse …